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21.3.09

C'est nous les dissous !



Après la dissolution de l'Action française et de la fédération des Camelots du roi en 1936, il est interdit d'arborer ses insignes et symboles (Plaque des camelots, Lys de la ligue...)

Les militants royalistes font preuve d'humour et portent alors fièrement à leur boutonnière une pièce de 10 sous !

15.2.09

Jean de Barrau: En Avant! En Avant!


Jean de Barrau entre jeune chez les Camelots du Roi.
Durant ses études, notamment à Grenoble, il fonde avec des amis un groupe d'Action Française et il distribue leur revue à la sortie des églises. Plus tard, lors de son service militaire, il est dénoncé comme ayant participé à une réunion de l'Action française en tenue militaire ce qui lui vaut d'être rayé de l'école des élèves officiers. Connu pour ses opinions et activités royalistes, il est également muté dans un autre régiment et fait même de la prison.
En 1913, il est nommé membre du comité directeur de la Fédération Nationale des Camelots du Roi présidée alors par l'un de ses amis, Maxime Real del Sarte. Camelot intrépide, il participe à plusieurs actions d'éclat, il se trouve notamment à la manifestation du Panthéon, à Paris, où les camelots chargent les antimilitaristes. A Rodez, il donne un jour une gifle en public à un professeur accusé d'antimilitarisme (dans la presse, certains parleront alors de "La promotion Jean de Barrau").
C'est l'époque où l'Action Française possède une certaine influence sur la société française.

En janvier 1914, il est présenté par l'Action Française au duc d'Orléans, alors exilé en Belgique, qui lui demande d'entrer à son service comme secrétaire particulier :
« Le prince est merveilleux comme je m'y attendais, un peu plus même. Ce qui frappe tout de suite et par-dessus tout, c'est son air aussi souverain qu'il soit possible et auquel vraiment on ne peut se tromper. Il nous fait asseoir, nous questionne, riant de bon cœur à l'occasion. Car le prince, malgré son air très majestueux et un peu désabusé, met à l'aise et en confiance. Notre audience à trois a duré vingt minutes. On nous a rappelés pour le déjeuner. Pendant le repas, le prince parle très peu, mais lance tout le monde de façon réellement très aimable - ce qu'il s'est amusé aux récits de Daudet ! En somme, ce qui frappe le plus après son air souverain, c'est sa réserve et la façon dont il examine et voit venir. Et avec cela, il dégage énormément de sympathie. »
" Visite de Son Altesse Impériale et Royale le comte d'Eu, très beau vieillard de soixante-dix à soixante-quinze ans, oncle du prince à la mode de Bretagne, droit et vert encore, fort intéressant. Il connaît par leur nom, leurs qualités et leurs défauts, tous les princes de l'Europe et les apprécie de façon piquante. Dans l'après-midi, nous avons fait une promenade dans Bruxelles et en avons profité pour nous prosterner longuement à Sainte-Gudule."
Un jour, Philippe d'Orléans dit à Jean de Barrau : « Vous, Barrau, vous avez de la religion ; je vous estime ».

Jean de Barrau est tué en plein combat le 18 août 1914 : Ce jour-là, sur la ligne du front, aux avant-postes, Jean de Barrau s'élançe face à l'ennemi allemand en criant « En avant ! En avant ! Vive la France ! », il est alors blessé à la jambe, il se relève cependant, mais quelques mètres plus loin, il s'écroule, tué sur le coup par une balle en pleine tête. « Jean de Barrau, suivant la belle expression d'un prêtre ami de sa famille, passa du service de son Roi de la terre au service du Roi des cieux ».
Le père de Jean de Barrau, Fernand de Barrau, dit : « Aujourd'hui m'arrive de Bruxelles une grande et belle photographie du duc d'Orléans, avec ces lignes, écrites au bas, de la main du Prince :
"Bruxelles, 1er septembre 1919. À Monsieur de Barrau en souvenir très tristement affectueux de son fils qui est si vaillamment tombé pour son pays et son Roy au début de la guerre. Votre très affectionné. PHILIPPE". »


/// bibliographie:
Henry Bédel, Figures rouergates
Henry Bédel, Le visage d'un prince français
Maurice Pujo, Jean de Barrau
L'Eclair de Montpellier, Jean de Barrau et le duc d'Orléans ///

7.2.09

3.2.08

Léon Daudet à la pointe de l'épée

« C’est un des grands avantage du duel d’effacer toute rancune entre les combattants et de soutirer, par une petite blessure, de son venin à la vie sociale, si facilement empoisonnée ». L. Daudet.

Léon a le sang chaud. Quand quelque chose lui déplait, quand il a le sentiment qu’on s’est moqué de lui ou qu’on porte atteinte à son honneur, à sa considération, à celle des siens, il envoie ses témoins, et provoque en duel.

Exceptionnellement nombreux sont les duels auxquels sil a pris part. il aime cela, il aime cette poussée d’adrénaline qui précède l’affrontement, et il considère que toute faute lavée dans le sang peut alors être effacée, oubliée. Mais pas avant.

Le 31 mars 1896, en lisant le quotidien (pourtant) conservateur L’écho de Paris, Léon a la mauvaise surprise de découvrir à al « une » un dessin le représentant en train de lécher les bottes du duc d’Orléans. La légende du dessin précise : « sous l’œil des Morticoles ». Elle fait allusion à un chapitre du livre de Daudet, paru deux ans auparavant où l’on voit des étudiants en médecine, contraints, en quelque sorte, de lécher les pieds des mandarins de la Faculté. A cette époque, Léon est loin d’être converti au royalisme. Son père, ce républicain inattaquable, est encore de ce monde. Le directeur de L’écho de Paris, Henry Simond, est l’un de ses amis. Quand à Steinlein, c’est un talentueux caricaturiste de presse qui ne ferait pas de mal à une mouche. Peu importe. Léon leur envoie à tous deux ses témoins : Georges Hugo et Maurice Barrès.

Steinlein et Simond refusant le duel, Léon surgit au journal et, devant tous les employés, gifle à tour de bras le malheureux Simond. Il fallut une douzaine de personnes pour évacuer le fougueux jeune homme mais le duel n’eut pas lieu.

Son premier duel se déroule au parc des Princes en 1902. Léon Daudet affronte un journaliste d’extrême gauche, Alfred Gérault-Richard. Les deux hommes ont eu des mots à propos de Jrean Jaurès. Il y a trois assauts. Au second assaut, Daudet a l’impression qu’il atouché son adversaire à l’aisselle. Mais le combat continue. A la troisième reprise, il est blessé à son tour, sans gravité. En fait, Gérault-Richard avait bien été touché lors de la seconde reprise, mais avait fait comme s’il n’en était rien, poursuivant le duel.

Deux ans plus tard, Léon affronte un sénateur nommé Delpech. Il l’avait assassiné dans un article intitulé « Un caïman dans la coulisse ». Delpech lui envoie ses témoins. Lors de l’affrontement, Léon est touché : « une simple piqûre en haut du bras, qui n’empêche ni de courir ni d’écrire ».

En 1910, le duc d’Orléans, dans une entrevue au Gaulois, recueillie par le journaliste Gaston de Maizière, désavoue certaines polémiques jugées excessives de l’Action française. Un peu plus tard, le duc d’Orléans expliquera que ses propos ont été mal rapportés. Du coup, Léon provoque en duel le journaliste du Gaulois. La rencontre a lieu en juin. Léon est légèrement blessé au poignet. La même année il se bat avec André Legrand et il est à nouveau blessé.

En 1911, à l’occasion de chahuts des Camelots du Roi visant une pièce de Bernstein, Léon affronte le romancier Nadaud, qui se substitue à Bernstein. Le duel est bref : « Nadaud est très grand ; il tendait le bras et je le piquai à l’avant-bras ». Dans la foulée, Léon livre un second duel avec Georges Clarétie, le fils de Jules, qui est un ami de Bernstein. « Je dus faire poum poum avec des pistolets, puis m’aligner à l’épée ». En fait Léon touche Clarétie à al poitrine et le combat est arrêté.

Enfin le 21 juillet de la même année, c’est avec Bernstein lui-même que Léon se bat. Il est touché au front et au biceps, tandis qe son adversaire est blessé à l’avant-bras.

Le 23 novembre 1911, Léon se bat avec Henri Chervet. Il est blessé au coude. Au tout début de l’année 1912, il affronte Pierre Mortier, qu’il blesse légèrement.

Le dernier duel de l’avant-guerre l’oppose, en 1914, à Paul Hervieu, un sous écrivain plus ou moins pacifiste. « Sa servilité croissante me dégoûtait. Je lui dis en termes crus ». Il s’ensuivit dons un échange de quatre balles au parc des Princes. Francois Broche note que cette attaque visait un écrivain « inoffensif », modèle de platitude académique ». L’adversaire n’était pas à la hauteur de Daudet. Mais Daudet, à 47 ans ne donnait aucun signe d’assagissement.

« Je souhaite non qu’on se réconcilie, ce qui serait fade, mais qu’après de solides et brillantes batailles, on ait des pauses de conciliation où l’on boive ensemble, dans la poussière et dans la fumée, le vin de la griserie prochaine ». L. Daudet.

- Francis Bergeron in Léon Daudet. Qui suis-je ? -

25.6.07

La Saint-Jean des "dissous"

Après la dissolution de l'Action française de 1936, en province comme à Paris, les banquets de la Saint-Jean bien qu'interdits, furent l'occasion de réunir les "dissous" et leurs amis.
On vit briller partout les feux de la Saint-Jean: en Vendée, aux bords de Marne, en Lorraine, sur les hauteurs du Lyonnais, sur les bords du lac d'Annecy, en Charolais, sur le plateau des Côtes qui domine Clermont-Ferrand; le Forez, le Roannais, le Dauphiné flambaient...
La flèche de la cathédrale de Rouen était ornée d'un magnifique drapeau fleurdelysé.
Le sommet du donjon de Vincennes fut illuminé longtemps par les feux de la Saint-Jean.
Nos amis s'étaient laissé enfermer dans le donjon et, après avoir allumé leur feu, descendaient le long du donjon au moyen de cordes...

- Guy Steinbach ; Histoire des Camelots du Roi-

12.6.07

L'esprit camelot

Comment s'exerçait l'action des Camelots ? Quelles étaient leurs tâches permanentes ?
La propagande était la tâche prioritaire: vente à la criée du journal, affichages, tracts.
La protection des réunions d'AF; jamais l'adversaire n'a pu empêcher la tenue d'une réunion d'AF, on dont l'AF avait accepté d'assurer le service d'ordre; même en 1936-1937, les réunions interdites ont été tenues.
La protection des maîtres de l'AF et des locaux.
Assurer, par des manifestations de rues, le retentissement des grandes campagnes menées par le journal.
Jouer les "gendarmes supplémentaires" selon le mot de Maxime Réal des Sarte, pour empêcher des manifestations de désordre et de subversion que le gouvernement tolérait.

Pierre Juhel nous a livré quelques réflexions sur les Camelots du Roi, nous les donnons comme elles nous reviennent:
Être Camelot, c’est avoir l’honneur de servir sur la première ligne.
Les Camelots ne se reconnaissent pas d’ennemis en France, mais seulement des adversaires; l’ennemi c’est l’erreur, il ne faut pas le ménager.
La violence n’est pas la vocation des Camelots, ils n’en n’usent que:
Pour assurer la propagande, la vie, le développement de l’AF, la propagation d la vérité politique: il faut parfois, même souvent, répondre à la violence de l’adversaire lorsqu’il tente de s’opposer au programme défini ci-dessus.
Pour refuser le droit à la parole aux hommes qui se sont mis d’eux-mêmes hors de la communauté française par leur attitude, leurs paroles, leurs écrits contre la patrie et contre l’armée. « On défend sa patrie comme on défend sa mère. »
Lorsque des manifestations doivent appuyer dans la rue les campagnes du journal, et cela entraîne souvent des affrontements avec la police; il faut assurer le succès des manifestations, quitte à forcer le passage, c’est la condition de leur réussite, mais ce n’est pas son objet.
Les policiers sont des fonctionnaires qui font leur métier; les fautifs sont ceux qui les emploient, ceux, qui, sous prétexte de maintenir l’ordre, perpétuent le désordre véritable, le plus grave: la République!
Les qualités principales des Camelots: la Foi, la Fidélité, le Courage, la Discipline, l’Enthousiasme, la bonne humeur...


Ces qualités, cette volonté de vaincre, doivent être celles de la jeunesse d’Action française d’aujourd’hui, qui est l’espoir de la France.
Pour retrouver ses raisons de vivre, son indépendance et sa grandeur, notre pays a besoin d’une Action française forte et qui atteigne son objectif: le rétablissement de la monarchie, la vraie, celle des quarante rois qui, en mille ans, firent la France.
L’exemple des Camelots du Roi est un modèle pour notre jeunesse.

Guy Stenbach, 4e Groupe - 11e Equipe

23.4.07

Le canular des Poldèves

À Paris en mars 1929, des députés de gauche (tous avaient votés contre dans un récent débat sur les congrégations missionnaires) reçurent un appel leur demandant d'intervenir en faveur des malheureux Poldèves opprimés. La capitale du pays s'appelait Cherchella; la lettre était signée : Lineczi Stantoff et Lamidaëff. Derrière ces patronymes pseudo-slaves on pouvait lire à voix haute : « l'inexistant » et « l'ami d'A. F. (l'Action française) », l'instigateur de cette mystification étant Alain Mellet, journaliste membre de l'Action française. Ce canular avait pour but de ridiculiser la représentation républicaine (députés). Si les députés de gauche et anti cléricaux furent visés, Alain Mellet lui-même le reconnait: "la pêche eût été aussi poissoneuse dans les rangs de la droite républicaine."

Le canular débuta le 18 mars 1929 par l'envoi d'une lettre ronéotypée dont voici le contenu :

Comité de Défense Poldèves 18 mars 1929
Honoré Monsieur le Député,
C'est un cri à votre pitié et à votre justice que nous faisons entendre en vous suppliant de laisser toute votre attention sur les choses qui suivent.
En plein XXe siècle de lumière et de Droit, près de cent milles infortunés poldèves, esclaves modernes, halètent sous le joug de quelques dizaines de grands propriétaires terriens.
Femmes, vieillards, enfants (parce que les hommes travaillent dans les usines et dans les entreprises agricoles d’autres pays) mènent une vie misérable de bête. Aucun secours pour eux si la délivrance ne vient pas de la conscience mondiale que nous venons chercher dans votre cœur !
Certainement, nous ne sommes pas les amis des républiques soviétiques, surtout l'Ukraine par qui nous avons eu trop de souffrances, mais un pareil état de vie ne serait pas possible chez eux depuis la révolution.
Donc, honoré Monsieur le député, nous venons vous dire : aidez-nous ! Nous ne demandons par le plus petit secours en argent, mais seulement votre éminent appui moral par une lettre pour notre dossier que nous voulons présenter le mois prochain à la troisième sous-commission de la commission des droits des minorités de la Société des Nations.
Dans ce commencement de XXe siècle qui a vu éclater grandiosement le triomphe de la paix perpétuelle et de la fraternité à toujours, il faut effacer les dernières tâches immondes. La France de 1793, qui avec son glaive flamboyant a piétiné les tyrans et les rois, peut nous arracher entre les griffes des grands propriétaires affamés de sang poldèves !
Oh! Merci, Honoré Monsieur le Député, pour votre réponse qui ira à Genève avec celle des autres collègues du parlement de la grande France de la révolution!
Pour le Comité de Défense Poldèves :
Lyneczi Stantoff
Lamidaëff


À ce premier courrier, seuls quatre députés répondirent.
Aussi Alain Mellet et ses comparses décidèrent-ils d'envoyer une seconde missive, plus émouvante encore :

Comité de Défense Poldèves le 4 avril 1929
Honorés Monsieur le Député,
Quinze jours déjà nous avions cru permis de frapper à votre conscience pour protestation contre les infamies que souffre la nation Poldève. Hélas ! Les événements ont marché ! Marché ! La révolte se fait dans deux districts déjà. Alors, pour reprézailles, la bourse du travail de Tchercherlla a été incendiée par des sanguinaires comme les fascistes d’Italie. Un cent de nos pauvres frères esclaves ont vu la mort, transpercé par la soldatesque des grands bourreaux propriétaires terriens. Il y a des filles qui ont vu la violation. Et tout cela sans jugement ! Sans jugement ! En France, quelle est l’agence de nouvelle qui a dit ces choses? La France du refuge des proscrits paraît sous le joug méchant du parti de réaction.
Notre peuple n’est pourtant pas un inconnu pour la grande France de jadis ! Rappelez-vous des lettres de Voltaire à Constance Nepuska... C’est sous la conscience élevée du grand penseur, toujours pour les petits contre les grands, que nous plaçons notre détresse. Ah ! Nous sommes vraiment abandonnés. L'Evêque poldève n’a rien fait du tout, on dirait qu’il n’existe pas ! Seuls les honorés collègues Planche, Boutet, Chouffet, et Cazals ont répondu à notre première lettre: qu’ils sont bons! Et comme nous leur prouverons bientôt notre reconnaissance ! Mais quatre c’est trop peu pour enreyer le sang qui coule ! De grâce, aidez-nous ! Sauvez-nous !
De grâce ! Nous traînons vos pieds à notre malheur ! Nous ne demandons pas le plus petit secours en argent. Mais, vite envoyez-nous la protestation pour notre dossier pour la troisième sous-commission de la commission du droit des minorités de la Société des Nations !
Il faut tarir l’écoulement du sang poldève !
MERCI ! MERCI !
Pour le comité de défense poldève :
Lyneczi Stantoff
Lamidaëff
Adresser les réponses à L. Stantoff, etc.


Cinq députés répondirent, mais d'autres demandèrent de la documentation.
A cette demande de documentation, ils répondirent alors le 13 avril alors que les premiers articles relatant l'affaire avaient commencés à paraître dans l'Action Française.

Comité de Défense Poldève Paris le 12 avril 1929.
Monsieur Georges Richard,
Député
Honoré Monsieur le député,
Merci pour votre lettre ! Vous demandez la documentation. En voici un petit peu.
Sur l’histoire de notre malheureux peuple, il n’y a rien de sûr avant l’an 1000. Après sa conquête de Malte, Charles le téméraire, ambicieux, voulait la couronne de roi des poldèves, mais Charles Quint s’opposa. Le malheureux peuple tomba alors, pendant près de deux siècles, sous la domination horrible des Hohenstaufen qui essuyèrent sur eux les premiers canons.
Un héros national, d’origine israélite, Gellé-Foâ, leva l’étendard pour l’indépendance. Avec l’aide de la France généreuse, qui envoya le colonel général Mellet, tandis que l’Angleterre envoyait l’amiral C.D. Bynn, il y gagna la bataille sanglante de Tanphepa. Malheureusement il fut tué et après sa mort les aristocrates prennent pouvoir, les terres, et écrasent les paysans et ouvriers. Ils étaient catholiques de l’hérésie moracique, -- tandis que le peuple évangélisé par les prêtres luthériens Cimon et Jézipe, venu chez nous pour échapper le massacre des Vêpres siciliennes, étaient protestants et israélites. Pour manger, il fallait, les pauvres gens, aller au confessoire et à la messe !...
Bien plus ! En 1729, à la suite d’élections très mauvaises à la diète nationale, un autre héros national essaya de lever tous les pays. Ce fut Illis, un homme de noblesse, rallié dans les idées de l’affranchissement.
Abandonnant son titre de Kher (Kher, en poldève, veut dire " seigneur ",Khô ou Khôn, candidat au suffrage populaire), donc Illis leva des bandes. Ce sont ces bandes de candidats, plusieurs fois victorieuses et finalement écrasées, qui ont laissé trace dans les pages vengeuses de Voltaire a la Napuska.
Aujourd’hui, c’est une famille étrangère, les marquis d’Odde-Helléon, qui possède un quart du pays ! Pendant que leur vassal meurt de faim ! Assassins ! Assassins !
Tout ceci est bien bref, honoré Monsieur, mais le temps presse ! Nous ajoutons pourtant que le grand sculpteur Littonguem, auteur de la fameuse statue Marceau a Rennes, était directement d’origine poldève. Poldève aussi, la propre belle-mère de notre grand Musset....
C’est pour le peuple éternellement martyr, plus aujourd’hui que jamais, et qui pourtant ne voudrait pas mourir sans avoir vécu ! Que nous venons supplier la protestation pour le dossier. La troisième sous-commission de la commission des droits des minorités de la Société des Nations. Plusieurs douzaines honorés collègues ont déjà répondu, parmi qui est le président éminent Cazals du grand parti radical.
Merci encore, honoré Monsieur le député, merci !
Pour le comité de défense poldève :
Lyneczi Stantoff
Lamidaëff.
P.-S.—le grand dossier généreux va partir mardi.

Huit lettres arrivèrent encore.
Goûtons, avec ceux de l'époque , l'humour de ces lignes:

Gellé-Foâ = j'ai les foies
général Mellet = auteur du canular
C.D. Bynn = se débine.
Tanphepa = t'en fait pas.
hérésie moracique = Référence à Charles Maurras et l'Action française récemment condamnée par Rome.
Cimon et Jézipe = Hégésippe Simon. Nom d'un Canular datant des années 1910 et crée par Paul Birault.
Illis = Associé au titre Ker, devient Kerillis, homme politique de l'époque (en fait Henry de Kérillis)appartenant à la droite nationale.
Khô ou Khôn= con. Le canular est de l'action française non ?
Voltaire= référence totalement injustifiée mais qui permet d'inscrire les poldèves dans l'histoire et donner un gage de moralité
marquis d’Odde-Helléon= Léon Daudet, Dirige l'Action française à partir de 1908.
statue Marceau à Rennes= Alain Mellet était Rennais.
propre belle-mère de notre grand Musset = Cette référence à Alfred de Musset permet de s'enraciner dans l'histoire. Bien entendu, cela est totalement faux.

via wikipedia

6.2.07

Que leur mort ne soit pas vaine...


+ AUFSCHNEIDER Alphonse, vingt-sept ans, valet de chambre, ligueur d'Action française, tué d'une balle au coeur.
+ COMBO Costa, quarante-deux ans, allié d'Action française, chômeur.
+ CHEYNIER LE JOUHAN
+ DE NOBLENS Gratien
+ COUDREAU Raymond
+ ETHEVENAUX Louis
+ FABRE Jean-Eloi
+ GARNIEL Lucien,
garçon boucher, Camelot du Roi, âgé de seize ans, blessé le 6 février, mort le 1er novembre 1934, après une longue et douloureuse agonie.
+ GOURLAND Corentine
+ JAVEY André
+ LABOUCHEIX Marius
+ LALANDE Raymond
, Camelot du Roi.
+ LAMMERT Henri
+ LECOMTE Jules
, trente-cinq ans, ouvrier chez Renault, mort d'une balle dans le ventre, ligueur et Camelot du Roi.
+ LIEVIN Charles
, ligueur d'Action française.
+ MEZZIANE Galli
+ MOPIN Jean
, ligueur d'Action française, vingt-quatre ans, mort à son tour le 7 décemre des suites des blessures reçues place de la Concorde le 6 février.
+ MUNNIER Albert
+ PEUZIAT René-Alain
+ ROSSIGNOL Raymond
+ ROUBAUDI Georges
, trente six ans, industriel, ligueur et membre de l'Association Marius Plateau.
+ SOUGARY Alfred
+ VAURY Henri

In Memoriam

6 février 1934: Emeutes nationalistes à Paris


Il y avait eu des manifestations presque tous les jours pendant le mois de janvier 1934. [...] Pourtant, l'habitude aidant, on ne pensait pas que le 6 février serait plus grave que d'autres journées. [...] Ceux qui s'alarmaient n'étaient-ils pas des peureux? [...]

A onze heures et demie, en sortant du théâtre, un spectacle singulier nous arrêta soudain: à l'horizon, quelque chose de lumineux dansait, au-dessus des têtes, semblait-il. Nous regardions sans comprendre ce feu balancé et noir: c'était un autobus, au Rond-Point, que l'on renversait. Et soudain, comme nous avancions, une foule énorme reflua soudain sur nous, des automobiles chargées de grappes d'hommes et de femmes roulèrent à grands sons de trompe, de vielles dames se mirent à courir, les jambes à leur cou. Nous comprîmes que ce n'était pas une manifestation, mais une émeute.
Il y avait longtemps que Paris n'avait pas vécu une nuit pareille. Des milliers de gens, cette nuit-là, ne se couchèrent pas, ils erraient dans le vent froid, tout le monde se parlait, les ouvriers, les bourgeois, et des hommes disaient: - Nous reviendrons demain avec des grenades!

Et il n'y avait plus d'opinions, et les communistes s'accordaient avec les nationalistes, et le matin l'Humanité avait publié un appel pour demander à ses troupes de se joindre aux Anciens Combattants. Une immense espérance naissait dans le sang, l'espérance de la Révolution nationale, cette Révolution dont le vieux Clemenceau avait dit qu'elle était impossible "tant que les bourgeois ne se seraient pas fait tuer place de la Concorde". Elle se formait à travers cette nuit tragique, où couraient les bruits les plus divers, la démission du Président de la République, l'annonce de centaines de morts, la griserie, la colère, l'inquiétude. Au Weber, les blessés étaient étendus, et Mgr de Luppé, avec ses ornements épiscopaux, venait les bénir. Le couple divin, le Courage et la Peur, comme l'a écrit Drieu la Rochelle qui a si bien senti cette nuit exaltante, s'était reformé et parcourait les rues.

Aujourd'hui, nous pouvons penser que le 6 février fut un bien mauvais complot. Ces troupes bigarrées, jetées dehors sans armes, écoutaient leur seul instinct et non pas un ordre précis. Au centre, où aurait pu se trouver une direction, il n'y avait rien. On saura peut-être plus tard les négociations, les entrevues, auxquelles s'étaient décidés quelques chefs, dans les jours qui avaient précédé, ou ce jour même. Mais la foule les ignorait, et la suite montra bien que tout était vain et mal préparé. Au matin du 7, Paris lugubre comme nous ne l'avons jamais vu, les marchands de journaux assiégés (beaucoup de feuilles n'avaient pas eu le temps d'adopter une version officielle des événements, donnaient leur première page à la majorité de la Chambre), on apprenait peu à peu la démission du ministère, et, contradictoirement, les perquisitions ou les enquêtes auprès des chefs nationalistes. L'après-midi, comme j'étais seul à Mil neuf cent trente-quatre , Paul Bourget me téléphonait pour me demander s'il était exact que Maurras était arrêté: c'est la seule fois où je l'ai entendu, il avait une voix essoufflée où tremblaient des larmes. Mais déjà on annonçait l'arrivée du pacificateur, de M. Doumergue, ancien président de la République, dont le sourire était aussi célèbre que celui de Mistinguett. Le régime usait de l'un de ses vieux tours favoris. [...]

Pour nous, nous n'avons pas à renier le 6 février. Chaque année nous allons porter des violettes place de la Concorde, devant cette fontaine devenue cénotaphe (un cénotaphe de plus en plus vide), en souvenir de vingt-deux morts. Chaque année la foule diminue, parce que les patriotes français sont oublieux par nature. Seuls les révolutionnaires ont compris le sens des mythes et des cérémonies. Mais si le 6 fut un mauvais complot, ce fut une instinctive et magnifique révolte, ce fut une nuit de sacrifice, qui reste dans notre souvenir avec son odeur, son vent froid, ses pâles figures courantes, ses groupes humains au bord des trottoirs, son espérance invincible d'une Révolution nationale, la naissance exacte du nationalisme social de notre pays. Qu'importe si, plus tard, tout a été exploité, par la droite et par la gauche, de ce feu brûlant, de ces morts qui ont été purs. On n'empêchera pas ce qui a été d'avoir été.


- Brasillach, Notre Avant-guerre -

1.2.07

Témoignage


Le 11 novembre 1935, le cortège des nationaux, avec les anciens combattants, les ligues patriotes et surtout l'Action française, les Camelots conduits par Pierre Juhel défilant dans un ordre impeccable, subit les injures et les menaces des hordes socialo-communo-soviétiques, massées sur les trottoirs tout au long de l'avenue des Champs-Élysées; deux rangs de gardes mobiles, de chaque côté tout au long de l'avenue, protègent les voyous du Front Populaire.

Agacé par les huées, Charles Maurras fait un signe à Pierre Juhel. Celui-ci lance trois brefs commandements:
- Camelots, halte!
- Pour la moitié gauche: à gauche, gauche!
- Pour la moitié droite: à droite, droite!

Les huées cessent d'un seul coup, les Camelots demeurant immobiles au garde à vous, tournés vers les trottoirs qui, dans un silence fantastique après le bruit, se vident précipitamment. Une ou deux minutes plus tard, devant les trottoirs vides, le cortège reprend sa marche vers le tombeau du Soldat inconnu.

Des bagarres éclatent ensuite, nos amis redescendent au pas de course dans les rues bordant les Champs-Élysées pour faire payer leurs injures aux hommes du Front popu...


-Guy Steinbach - Histoire des Camelots du Roi-

Les Grands cimetières sous la lune

« Nous n’étions pas des gens de droite. Le cercle d’études sociales que nous avions fondé portait le nom de Cercle Proudhon, affichait ce patronage scandaleux.
Nous formions des vœux pour le syndicalisme naissant. Nous préférions courir les chances d’une révolution ouvrière que de compromettre la monarchie avec une classe demeurée depuis un siècle parfaitement étrangère à la tradition de nos aïeux, au sens profond de notre histoire et dont l’égoïsme, la sottise et la cupidité avaient réussi à établir une espèce de servage plus inhumain que celui jadis aboli par nos rois. »
- Georges Bernanos -

7.12.06

Camelots du Roi


Camelots du Roi
envoyé par Namgorf

31.10.06

In memoriam: Henri Lagrange 1894-1914

Né en 1894, Henri Lagrange s’est vite révélé une forte personnalité et un talent prometteur.
Il publie son premier article dès 1910, à l’âge de seize ans, dans la Revue critique des idées et des livres, ce qui lui vaut d’être remarqué par Maurice Barrès et Romain Rolland.


Ce jeune et bouillant Camelot du roi s’est surtout rendu célèbre pour avoir giflé et insulté publiquement le président Armand Fallières en juin 1911, lors des festivités qui se déroulèrent à Rouen pour célébrer le millénaire du rattachement de la Normandie à la France. Cela lui a valu six mois de prison, qu’il a effectué au régime de droit commun, malgré les efforts déployés en sa faveur par plus de cent cinquante écrivains et artistes (dont Guillaume Apollinaire, Frédéric Mistral, Francis Carco, Paul Fort, Pierre Loti, Francis Jammes, Emile Faguet, Paul Bourget, etc.).
Ce geste lui valu une grande popularité auprès des étudiants d’Action française, dont il va devenir l’année suivante le secrétaire général. Il n’en sera pas moins exclu de l’Action française pour son « activisme » en 1913 . Se liant d'amitié avec
Georges Valois, il travaille au rapprochement des nationalistes monarchistes et des syndicalistes révolutionnaires en se fondant sur l'héritage politique de Sorel et en créant le Cercle Proudhon.

En août 1914, il se porte volontaire et déclare "C'est aux intellectuels qu'il appartient de donner l'exemple". Blessé le 6 Octobre lors de l’attaque d’Auberive , il décède de ses blessures à l'hôpital de Montereau.
Maurras, avec qui il avait sans succès tenté de se réconcilier lors de sa mobilisation, lui décernera le titre de « prince de la jeunesse » dans la préface qu’il rédigera pour un recueil de ses textes, Vingt ans en 1914. Etudes politiques et littéraires, portraits et polémiques, lettres de guerre, édité en 1920 par la Nouvelle librairie nationale. En 1917, Maurice Barrès consacrera lui-même plusieurs pages de ses Familles spirituelles de la France à cet « oiseau des tempêtes », cette « pierre du torrent, pleine d’étincelles ». En 1924, Valois citera Henri Lagrange parmi les dédicataires de son essai sur La Révolution nationale. « La nouvelle génération fut manifestement marquée du signe de son sacrifice. J’ai vu tout frémissant d’une impatience sacrée le jeune Lagrange pareil à un pressentiment vivant », fera dire Bernanos à l’un des personnages de son livre Sous le soleil de Satan (1926).

3.3.06

1908: Le commencement...


Lorsque l'Action Française commença à paraître, en mars 1908, des jeunes gens parmi lesquels les frères Real del Sarte et les frères Lefèvre décidèrent de la vendre à la criée le dimanche à la sortie des églises du XVIIe arrondissement. Ils eurent bientôt des émules dans les autres quartiers et en province. Un journaliste les appela par dérision "les camelots du Roi" , puisqu'ils proposaient leurs marchandisent aux passants. Les jeunes militants d'AF relevèrent le défi et adoptèrent cette appellation. La vente du journal à la criée, depuis lors, a toujours été la tâche essentielle des Camelots du Roi. Elle contribue à la diffusion des idées royalistes dans le grand public, mais elle est aussi l'école du militantisme. C'est en vendant le journal que le propagandiste apprend à affronter l'adversaire, à discuter avec le sympathisant, à s'astreindre à une discipline librement consentie.
A coté des vendeurs, les Camelots du Roi ont naguère compris des "commissaires" chargés des services d'ordre et des interventions dans la rue ou chez l'adversaire. Les Camelots du Roi se sont voulus des "gendarmes supplétifs" dont la mission première était de mettre "la violence au service de la raison", violence toujours raisonnée d'ailleurs. Si les Camelots du Roi ont étés parfois victimes d'agressions mortelles, ils n'ont jamais tué personne.