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4.9.09

8.3.09

1.3.09

Peintures royalistes en 1982


"J’avais appris à me servir d’une bombe à peinture au Camp Maxime Real del Sarte de 1982 et, dès le mois de septembre, j’allais mettre à profit cette nouvelle pratique. J’achetais une peinture de couleur orange fluo et, après être allé au cinéma voir « l’honneur d’un capitaine » (un film de Pierre Schoendorffer avec Nicole Garcia et Jacques Perrin qui a pour toile de fond la guerre d’Algérie), je traçais un grand « AF » siglé d’une fleur de lys (araignée… ou stylisée, diraient certains…) non loin de la grande dalle du Colombier ; puis j’allais faire de même sous les arcades du Palais du commerce et sur les murs de la poste qu’il abritait. Dès le lendemain, les peintures de la poste étaient toutes effacées, sauf une, assez étrangement, qui du coup allait survivre ainsi plusieurs années.

Quelques mois après, je trouvais dans un magasin de produits déstockés situé rue de Saint-Malo des bombes à peinture de toutes les couleurs à des prix défiant toute concurrence et j’en fis immédiatement grande provision. En quelques nuits, je devins un véritable champion de la peinture, autant en rapidité qu’en audace (j’étais jeune, je ne me rendais pas toujours compte des risques, sans doute…) et je fis vite concurrence aux groupes de tout poil (et ils étaient nombreux) qui se servaient aussi des murs comme supports privilégiés des slogans politiques.

La rue Jean-Macé était ainsi décorée d’un bout à l’autre : sur le long mur du lycée fleurissaient les lys et les « AF » tandis qu’un poste EDF d’en face était gratifié du nom, peint en noir et à la verticale, de « Maurras ». Sur la fac de Droit, j’y allais plus mollo puisque l’AF y avait une activité tout à fait officielle, mais ce n’était qu’une « exception » de circonstance.Dans un premier temps, les slogans étaient très basiques : « vive le roi » ; « Action Française » ; ainsi que de multiples « AF » et des « araignées ». Le but était, d’abord, de faire connaître le sigle et de faire en sorte que, lorsque les gens verraient la marque « AF », ils sauraient de suite qu’ils avaient devant eux un message royaliste. Et puis, il s’agissait de marquer « notre territoire » : la peinture, tant qu’elle n’était pas effacée, était visible, « vivante », et elle nous assurait une présence permanente au-delà de nos petites personnes.

Lorsque je commençais cette campagne de peintures, il y avait encore des marques de la génération monarchiste des années 60-70 : des grands « AF » noirs, antérieurs à 1971 (avant la scission de la Nouvelle Action Française, la NAF de Bertrand Renouvin), se remarquaient près de la rue de Chateaudun, non loin du local de la NAR, anciennement propriété de l’AF. Certains s’accompagnaient d’un « vaincra » péremptoire. Mais c’était surtout les graffitis de la NAF qui étaient les plus nombreux, tracés au milieu des années 70 : il y en avait des centaines en Bretagne, et en particulier à Rennes et ses environs jusqu’à la Côte d’Emeraude, surtout des fleurs de lys de la NAF tracées à l’aide d’un pochoir sur les grands panneaux indicateurs et sur les murs des bâtiments administratifs, les facs, etc. Deux couleurs dominaient pour ces lys nafistes, le bleu et le rouge. Je me rappelle qu’il y avait, à l’entrée du quartier de Maurepas, non loin de la maison familiale, un mur « nafisé » : lys rouges, slogan « monarchie populaire » et immenses « NAF ». Près de la caserne située non loin de l’hôpital Pontchaillou, mêmes peintures avec, en plus, un slogan « monarchie = anarchie + 1 » et un autre contre la conscription (une grande campagne de la NAF des débuts).

En somme, par mes propres peintures, je ne faisais que prendre la suite (ou la relève) des militants royalistes qui m’avaient précédés…"


- Jean-Philippe Chauvin , via: souvenirs politiques -

14.12.08

Entrevue Militante



ONG : Bonjour Juliette, pourriez-vous vous présenter ?

J : Mes parents se sont rencontrés à Paris, à la terrasse du Flore... Ma mère, japonaise, était censée rentrer au Japon avec son groupe où elle officiait comme tour-operator en job d'été et badabing... Coup de foudre, elle reste en France, quitte à se fâcher avec son père (elle est la seule de la famille à avoir quitté le Japon). Je nais en 1973 en Normandie pendant les vacances de mes parents. Si ce n'est cette région de naissance, pour laquelle j'ai le plus grand attachement, j'ai toujours vécu à Paris. Cela a sans doute permis que je côtoie autant de mouvements différents.Education "fabo" (fasciste bohème), voire "fada" (fasciste-dadaïste), anti-conformiste et surtout anti-démocrate d'un père plutôt esthète intello - fils d'un traducteur de Lewis Carrol et éditeur des Surréalistes - et d'une mère - fille d'un membre de la garde personnelle de l'Empereur et soldat pendant plus de 10 ans durant la guerre sino-japonaise et la guerre du Pacifique - qui avec beaucoup de force et de courage devient une antiquaire respectée à Drouot.Dès mon plus jeune âge je puise dans la bibliothèque où je trouve des auteurs avec des noms imprononçables : Nietzsche, Spengler, d'Annunzio... Je ne comprends pas tout, loin de là, mais je sens qu'il se passe là quelque chose de différent, de fort et d'éternel. Toujours piqué dans la bibliothèque (oui, je n'ai pas beaucoup de mérite) il y eut ensuite Rebatet, Maurras, Brasillach mais également Bram Stocker, Mishima, Cocteau, Pound, Evola, Artaud... J'avais 16 ans et je pressentais toujours que là se nichait ce qui allait me guider durant toute ma vie.Au lycée, je commence à acquérir une "conscience politique" face aux discours même pas crypto-marxistes de mes professeurs d'histoire et de philosophie. Je prends beaucoup de plaisir à les contredire et à me faire virer de cours... Je découvre en 1988 qu'il y a une librairie nationaliste près de Montparnasse, La Librairie française, tenue par Jean-Gilles Malliarakis. J'y passe beaucoup de temps et collectionne les porte-clefs et badges les plus branques (je porte la grille de Codreanu à cette époque)... J'assiste de loin à des manifs de TV, n'osant pas intégrer les rangs.


ONG : Comment avez-vous connu l'Action Française et quel a été votre parcours en son sein ?

J : En 1989, je tombe sur une vente à la criée à St Germain de l'AF. J'achète le Feu Follet (le journal des étudiants d'AF). Ma sensibilité anti-démocrate n'est pas insensible au charme des vendeurs. Je note l'adresse des locaux et débarque un beau jour de septembre 89. Je suis assidument les cercles de formations et comprends que la Monarchie est le meilleur des systèmes.Je découvre aussi le sens du mot "camarade", à grand coup de pintes de cervoise et de séjours au poste. Je m'y fais mes meilleurs amis, de ceux qui sont encore et toujours là. Je deviens une militante maurrassienne bornée et infatigable qui endant plus de 4 ans non stop, organise sa vie pour l'AF. Une énième scission en 93 provoque le départ de tout le monde (en tout cas, des bons). Enervée et écœurée, je quitte ce qui avait conditionné chaque instant de ma vie, ce qui m'avait fait me sentir tellement vivante, m'avait fait aimer la France si fort, m'avait appris le courage physique et politique.


ONG : Comment vous est revenu le gout pour le Japon ?

J : De 93 à 2005, sous l'impulsion de ma mère, je découvre le Japon avec des yeux de grande (je n'y étais allée que 2 fois avant 93) et comprends à quel point je me sens japonaise et à quel point je suis française. Je pense que ces voyages m'ont permis de comprendre qui j'étais, de rencontrer ma famille japonaise, d'échanger quelques mots avec eux (je me suis mise à l'apprentissage du japonais à 30 ans). De comprendre pourquoi j'aimais la patrie de ma mère et pourquoi je défendais la patrie de mon père. Il y a près d'un an, l'amitié en particulier d'un camarade plus jeune mais très impliqué à l'AF m'a fait me souvenir que l'on demeure toujours "royco"... J'ai toujours méprisé les royalistes salonnards et ne pouvais conçevoir de revenir à la vie politique sans m'impliquer totalement. J'ai retrouvé ce boulet pesant mais qui m'est indispensable : l'engagement.


ONG : Vous dites "la Monarchie est le meilleur des systèmes", pourriez-vous expliciter votre propos ?

J : Je n'ai pas, ou plutôt plus envie de tenir le discours bien formaté que je pouvais tenir à l'époque... Je n'en n'ai dorénavant ni la patience, ni l'énergie. Maintenant je me retrouve principalement dans la défense d'un système politique où le Roi, de par sa nature propre, incarne la Nation. Je suis monarchiste parce que nationaliste. L'autre dimension qui est devenue essentielle à mes yeux consiste dans le lien sacré qui existe dans le principe royal. Ce lien est pour moi le meilleur garant de la légitimité du Roi (ou de l'Empereur). D'un point de vue plus personnel, je continue aussi de défendre la monarchie par fidélité envers ce que j'ai pu être ou faire, envers mes camarades ainsi qu'envers des convictions qui sont devenues des certitudes.


ONG : Il est de bon ton de dire qu'un enfant né de parents de cultures différentes se perd entre deux identités, êtes vous d'accord et comment avez-vous vécu le fait d'être franco-japonaise ?

J : La perte de repères identitaires me semble une évidence... Mais ce qui est perdu peut être retrouvé, compris et accepté. C'est une voie qui pour moi, a pris du temps car on doit cheminer seul et répondre à beaucoup de questions qui parfois restent sans réponse. C'est lors d'un voyage au Japon que tout est devenu évident pour moi car plus je comprenais le Japon et les Japonais, plus je saisissais à quel point j'étais française. Cela ne remet absolument pas en question la fierté que j'ai d'avoir la moitié de mon sang "jaune", mon admiration pour certains traits du caractère japonais et ma totale mauvaise foi (parfois...) quand il s'agit de défendre le Japon sur des points indéfendables. Mais mon attachement à la France, à ses traditions et à ses passions, le fait simplement d'être française, tout ceci a été déterminant dans cette quête de repères et d'identité retrouvée.Je signale aussi en passant que je n'ai jamais eu à subir de racisme, bien que fréquentant les milieux dits les plus racistes, que cela soit en France ou au Japon.


ONG : On a l'habitude de dire que le Japon se situe entre tradition et modernité. Est-ce toujours le cas selon vous?

J : C'est effectivement la vision du Japon que l'on illustre communément avec des photos de femmes en kimono traditionnel marchant dans des quartiers à l'architecture futuriste... Je ne suis pas certaine que cela soit la spécificité du Japon. Ces contrastes, nous pouvons les trouver dans beaucoup d'autres pays. Néanmoins, ce que nous pouvons facilement remarquer, c'est que le Japon est très fortement ancré dans une tradition historique, politique et religieuse, renforcée par son caractère insulaire, à forte dominante nationaliste.En ce qui concerne sa stratégie économique, le Japon a retenu le modèle libéral, facteur de son positionnement en tant que seconde puissance industrielle, mais facteur également de l'apparition du chômage (vécu comme une perte de l'honneur) et de misère morale et matérielle : depuis quelques années, les jardins publics et les gares sont habités par des centaines de SDF, dont beaucoup ont pu garder leur travail, mais ni leur famille, ni leur toit.J'ai craint à un moment que le Japon perde son âme sous le modèle américain, et même si il est de bon ton que les enfants de familles riches fassent leurs études aux Etats-Unis, il suffit de s'adresser à des japonais en anglais (même à Tokyo) pour se rendre compte que, ouf, peu sont ceux qui vous comprennent... Pour moi ce qui fait la spécificité du Japon c'est un pays à l'histoire prestigieuse, à la nature riche et diversifiée (70% du territoire est recouvert de forêts), une nation où le peuple cherche à se dépasser dans l'excellence, aidé en cela par la pratique du shintoïsme, quasi religion d'état... Mais on me dira sans doute, et avec raison, que l'on ne voit que ce que l'on a envie de voir.


ONG : Vous avez connu le militantisme de terrain, pourriez-vous nous narrer votre plus belle action ?

J: Sans hésitation, la Jeanne interdite de 1991. Pour les souvenirs qu'elle m'a laissé à vie, pour ce moment rare où nous nous sommes tous sentis de vrais Camelots du Roi. Nos prédécesseurs s'étaient battuspour imposer en 1912 la reconnaissance officielle de ce défilé, nous n'allions pas accepter sans broncher qu'on nous l'interdise. Matin : de la place Saint Augustin à la place des Pyramides, ce sont des dizaines de cars de CRS qui nous attendent. Des barrières mobiles sont disposées un peu partout sur la chaussée. Nous arrivons par petits groupes jusqu'à la place des Pyramides, déterminés et prêts à en découdre, même si le déploiement des forces de l'ordre est très très impressionnant... L'atmosphère est chargée d'électricité. C'est un camarade, un ancien, qui ouvre le début des affrontements en chargeant en voiture les lignes de CRS qui bloquent l'accès à la statue de Jeanne d'Arc. Il pile devant la statue et bondit de sa voiture avec une gerbe de fleurs qu'il parvient à jeter aux pieds de la Sainte. Les CRS essaient de le maitriser, une dizaine de militantsviennent à sa rescousse. Durant toute la matinée, dans un climat de chaos extrême, nous les chargeons de toute part, les empêchant de cadrer la situation. Ca court dans tous les sens, les sympathisants sur les trottoirs, nous encouragent. Un ancien combattant, de dégoût, jette ses décorations aux pieds des flics. 52 militants seront interpelés dans la matinée. Midi : Les CRS à nos trousses, nous nous replions vers nos locaux après une course poursuite haletante. Ils nous y suivent et font finalement demi-tour sous les fenêtres de l'immeuble qui a pris des airs de Fort Chabrol. Voulant profiter d'un effet de surprise, à peine notre souffle retrouvé, nous sommes une centaine à repartir au pas de course, direction le 5ème arrondissement et prenons d'assaut le Panthéon. Après avoir courtoisement mais fermement viré tous les touristes à l'intérieur du temple de la république, nous nous enfermons et scellons la grille de l'entrée à l'aide d'une chaine de scooter d'un camarade. Direction les toits du Panthéon... En haut, c'est un sentiment de joie et de fierté. Juchés au bord du vide, nous voyons en bas des centaines de gardes mobiles encercler le bâtiment, mais aussi des sympathisants, la presse, les télés, mais également un ramassis d'étudiants gauchistes vociférants provenant des facs aux alentours. Nous leur répondons en criant nos slogans et en chantant nos chansons dans un climat d'euphorie et de détermination. J'ai appris plus tard que la police, en totale panique, avait fait boucler les stations de métro autour de l'Elysée et renforcer la sécurité autour des commissariats où étaient retenus les militants arrêtés le matin. Les gardes-mobiles passent à l'action et coupent la chaîne de la grille. Nous les entendons qui montent vers nous. Nous les attendons... Le commissaire du 5ème arrondissement s'adresse à nous d'un ton mi-conciliant, mi-menaçant et nous explique "qu'on ne va pas risquer un accident en haut des toits...". La presse et les caméras des télés sont montés avec eux. Nous donnant sa "parole d'homme", il nous promet que personne ne sera arrêté.Nous décidons de quitter les toits, doutant de sa parole de flic, et quoi qu'il advienne ensuite, néanmoins satisfaits de leur avoir tenutête depuis le matin. Une fois en bas, les gardes-mobiles se saisissent de nous violemment : 96 interpellations. Des sympathisants, au cris de "libérez nos camarades" tentent de bloquer le départ des fourgons qui tanguent dangereusement tant le chahut à l'intérieur est grand. Même embarqués, notre sentiment est celui de la victoire globale avec la certitude d'avoir vécu un moment de résistance rare et précieux. Le lendemain, les derniers militants quittent les commissariats. Bilan : 148 arrestations, une vingtaine d'inculpations, autant de flics au tapis. Des articles dans toute la presse, sur toutes les chaines de télé. L'interdiction de défiler sera levée l'année suivante.


ONG : Enfin, quelle différence y'a-t-il entre militer à votre époque et maintenant ?

J : Bon, on va essayer de rester enthousiaste, convaincue et de ne pas faire ancienne combattante nostalgique... A la fin des années 80, la rue était le terrain de jeux et de baston d'une multitude de groupes qui se distinguaient par leurs musiques, leurs idées politiques, leurs moyens de locomotion, leurs tatouages... Tous faisaient partie de la joyeuse bande des "lookés". Croiser une bande de skins ou de punks était du domaine du courant. Même si ce n'était jamais très rassurant pour le parisien de base, au moins, c'était rentré dans son paysage urbain quotidien. Il était admis que des bandes de jeunes aux signes très distinctifs se tapent régulièrement dessus quand ils se rencontraient. Il était donc admis, de fait, que des personnes aux idées différentes s'affrontent, revendiquent et défendent ce qu'ils étaient.Quand je suis arrivée à l'AF, j'ai intégré un mouvement dont les membres se réclamaient de la "Génération Maurras". Nos ventes à la criée étaient le reflet de cette diversité générationnelle : vendant côte à côte et scandant les mêmes slogans, on trouvait des fils d'ouvriers, des aristos, des neusks, des cathos, des païens, des mods, des romantiques, des pragmatiques...Je pense que c'est là que réside la différence entre militer à l'époque et maintenant. L'uniformisation actuelle des genres et donc de la pensée dévaste tout, à tel point que se rebeller est devenu pour une grande majorité des gens un acte superflu et incompréhensible. Dans ce contexte, continuer de se battre pour ses idées est plus que jamais une manière de rester vivant.
Août 2008 - via: ONG -

31.5.07

L'Affaire Delavault


Vendredi 6 janvier [1989] au soir. Au théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, Jean-Noël Jeanneney, le patron du Bicentenaire, prend son pied. Sur scène, une diva rouge encore mal connue du grand public, Hélène Delavault, entonne l'immortelle Carmagnole. Brusquement un groupe d'inconnus débouche dans la salle. Certains d'entre-eux foncent vers la scène.
Les notes du chant révolutionnaire s'étranglent dans la gorge de la chanteuse, se muent en vocalise suraiguë. Le spectacle adopte une tournure surréaliste, pas déplaisante, dit-on. Certains des agresseurs déversent sur la tête de l'artiste de la colle et du bleu de méthylène, un colorant inoffensif. Des cris fusent: "Vive le Roi". Des gaz lacrymogènes font pleurer Margot et les sabots d'Hélène son crottés pour de bon. Les assaillants se retirent aussi promptement qu'ils sont arrivés. Pas un seul d'entre-eux n'a été pris.



Est-ce le succès de l'opération? Ses liens d'amitié particuliers avec la chanteuse grand standing de la Révolution? La présence de Jeanneney? Le besoin de rehausser l'image de marque d'un Bicentenaire de plus en plus bidon? Sans doute cela a-t-il joué dans la réaction de Pierre Joxe. De ce qui n'était qu'un chahut, aussi bien mené fût-il, le ministre de l'Intérieur, en décrétant sans peur du ridicule "la République en danger", allait faire une affaire. Avec d'ailleurs le soutien actif de François Mitterrand, toujours heureux de pouvoir s'ériger en garant de la moralité d'État.
Le jeudi 13, soit moins d'une semaine après les faits, une rafle géante frappait les royalistes. Près de 150 policiers, distraits de leurs tâches habituelles, participaient au coup de filet. Appartenant à la Brigade d Répression du Banditisme, à la Section Anti-Terroristes ou aux mœurs, les meilleurs limiers du régime ramenaient en fin de compte de leur chasse une trentaine de militants royalistes et nationalistes notoires, cueillis chez eux au petit matin. S'ensuivit une série d'interrogatoires menés à la va comme je te pousse, au petit bonheur la chance, lesdits limiers ignorant manifestement tout du mouvement royaliste.


Vingt quatre heures pour les uns, quarante huit pour les autres: tous les participants à cette police-partie au profit des Beaux-Arts furent assurés avoir été reconnus par des témoins. On les fit défiler derrière une glace sans tain afin que ceux-ci puissent les identifier. On en fit déshabiller pour les fouiller. On releva leurs empreintes digitales. On procéda aux photos anthropométriques. Le grand jeu. Joxe était préssé.
Au bout de quarante-huit heures, on avait serré trois de nos militants. Un militant de vingt-deux ans avait été isolé de ses camarades dès le début des interrogatoires. Soumis à la pression morale particulière, il avoua avoir fait le guet au soir du 6 janvier. Philippe et Giovanni C., vingt-sept ans, s'étaient vu promettre la liberté le soir-même s'ils admettaient leur participation à ce que les policiers feignaient eux-même de considérer comme chahut sans importance - ce qui était le cas, en effet. On les avait en outre menacés d'incarcérer leur mère pour faux témoignage, si l'envie leur prenait de résister aux sollicitations de leurs interlocuteurs. Par ailleurs, ayant tous deux récemment trouvé du travail, ils craignaient de perdre leurs places toutes neuves s'ils étaient trop longtemps retenus. Bien que parfaitement innocents, eux aussi avouèrent.


Dûment inculpés de violences et de voies de fait avec préméditation (ils échappaient aux coups et blessures, la diva socialiste, soi-disant odieusement brutalisée, n'étant pas parvenue à obtenir des médecins le moindre jour d'arrêt de travail), nos trois amis furent incarcérés à Fresnes. Ils allaient y passer près de deux mois.
[...]
Une manifestation fut organisée à Paris, qui réunit plus d'un millier de personnes, en tête desquelles marchaient Son Altesse Royale le Prince Sixte-Henri de Bourbon Parme, Philippe Malaud, ancien ministre, Pierre Pujo et Guy Steinbach. Parallèlement été crée, sous la présidence de Pierre Boutang, un Comité de soutien auquel adhèrent non seulement des personnalité connues ds milieux nationalistes, mais aussi Pierre Chaunu, Alain Dumait, maire du IIème arrondissement de Paris, Léo Malet, Jacques Vergès, Alain de Benoist, et bien d'autres encore, artistes, médecins, professeurs, journalistes, gens de justice et hommes politiques.
Le Feu-follet n°4 - Printemps 89

24.4.07

Rejoins l'armée du roi!

5.4.07

L'Action française et la BD


C'est en 1989 que les murs de nos villes se voient inondés en taille affiche du célèbre M cher à Edgard Pierre Jacobs. Un M lettré à la manière de la "Marque jaune" mais qui, à y regarder de plus près, annonce la Génération... Maurras ! Ce coup de génie en matière de stratégie droitiste de communication est dû à un jeune dessinateur, Étienne, qui s'est rodé à la revue des étudiants d'A.F., le Feu follet. Un peu à la manière de Robert Brasillach (dépoussiérant le vieux Virgile en en faisant "un jeune fasciste de 1930"), Étienne rajeunit le père Maurras aux lectures duquel il rajoute d'autorité tous les "Blake et Mortimer" et la plupart des "Tintin" de Hergé.


Dès lors, au Feu follet, la réappropriation de la B.D. allait mener bon train avec la récupération pêle mêle de Bonvi pour la germanophobie barrésienne, l'insolence chez Cohn Bendit, le dynamisme souriant du jeune d'A.F. propre sur lui chez Serge Clerc, s'offrant le paradoxe à hurler de rire de mettre l'adresse du journal royaliste en caractères cyrilliques dans la bouche de ces "faces de citron", sortes d'Anthracite asiatiques sortis de Jacobs ou de Charlier parodiés façon Terpant ou Cornillon.

Mais le mérite du Feu follet a été également de donner leur chance à d'autres talents de valeur (outre Marie Barrat portraitiste de Roger Nimier): Troll et Frédéric de Zarma. Troll, manifestement héritier d'Hugo Pratt et d'Auclair, excelle surtout dans l'évocation lyrique de la jeunesse, de l'amitié et de l'amour, fragile arrêt sur l'image face à la mer toujours recommencée, témoignage du maillon que constitue la Génération Maurras dans la chaîne de l'enracinement à la patrie charnelle.


Tout à l'opposé pourrait-on croire Zarma, surtout quand il signe Zarmski, choisit pour sa part la voie de la dérision dans des saynètes en BD de la plus grande drôlerie (ainsi de Robespierre subitement dissuadé tout à coup à la suite d'un disfonctionnement de l'espace/temps d'aller prendre la Bastille, ce qui nous eut évité au moins Jessie Norman), parfois littéralement féroce (ainsi de la "cantatrice" Hélène Delavaut dont les cordes vocales ont pris la forme d'une... guillotine, mais elle gardera sans doute le souvenir zému de quelques jeunes d'A.F. venus lui couper le sifflet) ou même la voie de l'autodérision: ainsi du jeune "Royco" chébran piégé par les "keufs" de la Gueuse alors qu'il tente de réitérer le coup (de fil) de 1927 (où en téléphonant son ordre de libération à la prison de la santé en se faisant passer pour le Préfet, un loustic d'Action Française avait réussi à faire libérer Léon Daudet !)

On ne saurait oublier, dans la mouvance "Action Française", le dessinateur Alain Durand dit Bayard qui après de premiers dessins dans Aspects en 1968 entre à Minute en 1972 pour revenir à la peinture après 1980. Ni Kang, dont on a noté différentes apparitions assez discrètes dans Aspects de la France ou à Présent, mais qui en attendant d'autres titres de célébrité reste déjà dans les annales pour ses illustrations du "spécial bande dessinée" publié par l'Astrolabe où le Schtroumpfissime adulé par les petits personnages de Peyo ne manque pas d'une certaine audace.

D'après Bédésup, les Dossiers noirs (1991)


10.10.06

Les Jeudis de la Sorbonne

Les Jeudis de la Sorbonne

Témoignage de Hubert-Gaston de Lagueuzonlapendrat:

"Il s’agit du début de ce que l’on a appelé la «bataille de la Sorbonne», «bataille» étant évidemment un terme un peu exagéré…
L’affaire Boudarel nous avait permis de consolider sérieusement notre implantation dans les facs (je limite évidemment mon propos à la région parisienne). Des sections actives fonctionnaient à Assas (3 élus), la Sorbonne (Paris I) et Sceaux , nous disposions d’une excellente et importante section à Malakoff (un groupe AFE de plus de 40 personnes), de groupes sur Nanterre (avec 1 élu) et Dauphine, plus des embryons sur Jussieu, Villetaneuse, quelques prépas (Fénelon, H4...), quelques grandes écoles. Mais le développement de groupes étudiants d’AF commençait à rencontrer des difficultés. Dans plusieurs de facs, nos groupes restaient embryonnaires faute de moyens d’expressions. A Jussieu par exemple, nos militants ne pouvaient absolument pas s’afficher ouvertement, les organisations d’extrême gauche y faisaient régner leur loi. Or dans la semaine qui avait suivi la grande manif anti-boudarel (dont on a la vidéo dans un autre post), un des responsables d’AF (moi, en l’occurrence...) s’était fait « ratonner » par des militants d’extrême gauche dans le métro. Les sévères représailles déclenchées le lendemain (10 militants d’extrême gauche blessés) nous avait permis de voir à quelle point des actions éclairs et directes pouvaient tétaniser les moyens militants et humains de l’extrême gauche.
Nous avons donc mis au point la stratégie suivante, effective lors de la rentrée scolaire/universitaire 1991/92 : Provoquer de toute pièce (en l’occurrence une vente du journal à la criée) un abcès de fixation place de la Sorbonne, contraindre l’extrême gauche à se mobiliser semaine après semaine pour « défendre la Sorbonne » contre nos attaques et se servir de ce prétexte pour « saigner » les différents groupes d’extrême gauche afin de nous permettre de préparer nos implantation sur les facs dans lesquelles nous n’étions pas encore ou mal implantés. C’est ainsi que, tous les mercredis pendant plusieurs mois, nos militants ont harcelé les mouvement d’extrême gauche. En mai/juin 1992, d’après nos informations (une de nos militantes ayant été infiltrée au sein du Comité anti-fasciste de la Sorbonne ), une cinquantaine de cadres et de militants gauchistes étaient « HS » et nous pouvions envisager de prendre pied dans quelques facs périphériques dès la rentrée 92/93. Ce qui n’a pu être mis en place pour des raisons internes au mouvement…
L’action de cette vidéo se situe au début de la campagne. Nos militants quittent le parvis de la Sorbonne, en bon ordre, après avoir assuré le SO de la vente. Nous n’en sommes encore qu’au début de la stratégie de cette année scolaire. Il s’agit moins de tenir le terrain ou d’assurer une vente (ce que l’extrême gauche n’a pas compris…) que d’exciter cette même extrême gauche… Par la suite, les ventes seront même abandonnées pour ne laisser la place qu’à des « raids », toujours les mercredis, afin que l’extrême gauche demeure mobilisée. Là ou l’extrême gauche verra une victoire (nos ventes sont interrompues à la Sorbonne), nous engrangerons en réalité une victoire. Cette vente, nous l’avions relancée artificiellement pour le besoin de cette opération… Jamais les événements de La Sorbonne, qui se déroulent à l’extérieur de la fac, n’affecteront notre implantation à l’intérieur; nous en profiterons au contraire, l’extrême gauche concentrant ses efforts sur la maîtrise de ce parvis, pour mener sereinement des opérations d’implantations dans d’autres facs parisiennes ; enfin, durant cette période qui s’étend d’octobre/novembre à mai/juin, nos pertes seront de deux ou trois blessés contre plus d’une cinquantaine en face. "

6.10.06

Pas de doctrine sans action

1.7.06

boudarel 91


boudarel 91
Vidéo envoyée par
Namgorf

13.6.06

Boudarel: Les étudiants d'AF en première ligne

Mercredi 13 mars, midi

Le calme règne à l'université de Jussieu (Paris VII) qui a le triste privilège d'abriter sous son toit l'ignoble professeur Boudarel. Certes, la dénonciation de ce garde-chiourme du camp 113 en Indochine suscite une mobilisation intellectuelle et physique de quelques staliniens autour de cet "universitaire". Mais rien ne laisse alors supposer l'accélération des événements qui vont se dérouler.
Soudain, en effet, surgissent du métro une quinzaine d'étudiants d'Action française, munis de tracts appelant à la démission de Boudarel par la signature d'une pétition. Tracter à Jussieu n'a jamais été une partie de plaisir. L'extrême gauche y est en effet très bien implantée. De fait, l'instant de surprise passé, quelques militants du SCALP et des JCR tentent de s'organiser et de chasser les perturbateurs. Peine perdue : le service d'ordre veille. En quelques secondes le vide se fait sur l'esplanade de la faculté. Autour, plusieurs centaines d'étudiants intrigués et curieux. Au milieu, les combattants. D'un côté, les militants d'Action française, de l'autre, les gauches, armés de nunchakus et d'armes diverses. L'affrontement commence. Une bombonne de gaz lacrymogène explose après qu'un membre de notre service d'ordre a tenté de la récupérer des mains d'un gauche. Nuage de gaz. Nos adversaires reculent. L'un d'entre eux jette alors une table. En retour, il reçoit deux chaises en pleine figure. L'un de nos militants est attaqué par derrière. Il se défend, repousse les assaillants, grâce à l'intervention efficace de l'un de ses camarades. Les gauches battent en retraite dans la fac. Les étudiants d'Action française peuvent alors traverser la foule de curieux en lançant des slogans pour la démission du boucher du camp 113. Première victoire.

Quelques heures plus tard, les militants d'Action française reviennent, deux fois plus nombreux. Sur la place, des affiches ont été placardées, dénonçant notre incursion musclée de la matinée. Pourtant, l'extrême gauche s'attend à tout, sauf à nous voir revenir le même jour. Mais cette fois-ci, des lycéens se sont joints aux étudiants et un nouveau tractage commence. Immédiatement, un adversaire tente de s'interposer. Il est rapidement mis hors de combat. Le président de l'université arrive alors sur les lieux flanqué de deux professeurs, amis de Boudarel. Les insultes fusent. "Vous faites de la diffamation, vous n'avez pas de preuves" crachent les deux staliniens de service. "Collabos !" rétorquent nos militants. Mais deux lignes se forment bientôt. D'un côté, les défenseurs de Boudarel. De l'autre, les militants d'Action française qui ont terminé de distribuer tous leurs tracts. Au milieu, la police, toujours prompte à défendre les plus faibles. Quelques projectiles volent au-dessus des têtes des policiers. Des gauches s'effondrent. Puis, la dispersion s'organise dans le calme. Nouvelle victoire ! L'Action française a frappé très fort, mais ce n'est qu'un début. Boudarel dispose désormais d'une protection rapprochée lors de ses cours. Il n'empêche. Jussieu sera le Dien Bien Phu de Boudarel.


Lundi 18 mars

Suite aux événements, la direction de l'université de Jussieu, solidaire du tortionnaire Boudarel, décide de modifier l'horaire et la salle de cours du sinistre bourreau. Nos informateurs en prennent note et une opération est prévue pour le lundi 18 mars, au moment ou Boudarel commence ses éructations staliniennes.
Près d'une centaine de militants investissent le parvis de Jussieu à 19 heures. Un bûcher est mis en place en son centre, un mannequin de Boudarel tenant un drapeau vietminh. Le feu prend rapidement, alimenté par quelques tables et bouteilles d'essence.
Autour du bûcher les panneaux des associations soutenant Boudarel sont recouverts d'affiches appelant à une mobilisation générale contre le stalino-assassin. Sur les murs de la fac fleurissent les graffitis : BOUDAREL DEMISSION, JUSSIEU SERA LE DIEN BIEN PHU DE BOUDAREL, etc.
Quelques gauchistes tentent de s'interposer. Le service d'ordre de l'Action française les charge. Ils se réfugient dans leur local puis en ressortent armés de frondes. Nos militants forment alors une barricade et ripostent à distance avec des lance-pierres. Une cabine téléphonique vole en éclats. Du dixième étage d'une tour, plusieurs chaises volent en direction de nos militants qui les esquivent habilement.
Maintenus à distance, nos adversaires assistent alors impuissants à la correction d'un des leurs qui s'était trop approché du groupe d'Action française. Un autre gauchiste, membre du SCALP, est poursuivi jusqu'à un café où il se réfugie pour appeler la police.
La retraite s'exécute alors dans le calme et la discipline. Nos informateurs infiltrés dans le cours de Boudarel nous font savoir que le boucher du camp 113 a été évacué de l'université en catimini, par une issue de secours, encadré d'une trentaine de révisionnistes staliniens, trop heureux d'échapper à la bagarre.
Trois descentes de l'Action française en cinq jours à Jussieu. 3 000 tracts distribués. Déjà plus de 800 signatures d'étudiants sur la pétition exigeant la démission de Boudarel. Les jalons sont posés pour faire de la manifestation du 27 mars un grand succès et une tape décisive dans ce qu'il faut bien appeler l'affaire Boudarel.


Nous devons de plus en plus, sans relâche, accentuer la pression et ne pas nous en tenir aux protestations ou dépôts de gerbes symboliques. Boudarel incarne tout un système, toute une imposture, toute une mainmise de la gauche la plus dure et la plus stalinienne sur l'université française. Nous allons, montrer qu'il n'y a pas que Vidal-Naquet et sa bande pour faire expulser des enseignants de l'université.

in Aspects de la France, Mars 1991

12.6.06

Boudarel: le commencement


Boudarel Démission!

Le 20 juillet 1954 tout juste dix semaines après la chute du camp retranché de Dien Bien Phu les accords de Genève entérinent l'existence de la République démocratique du Nord Vietnam.
Huit ans de guerre, 92 000 morts, 3 000 milliards de francs... le prix de l'abandon. L'Indochine française a vécu. À Paris comme à Hanoï les communistes pavoisent, l'armée française pleure ses morts et ses prisonniers. En effet, plusieurs milliers de ses soldats croupissent toujours au nord du 17ème parallèle dans les camps de concentration vietnamiens. Loin, très loin de la convention de Genève et des caméras de CNN.

Un commissaire politique

Violences, brimades, déchéance physique, rien que de très banal pour les infortunés prisonniers d'une guerre d'avant le Golfe. Mais la guerre que mène Ho Chi Minh - soutenue par la Chine maoïste - est une guerre politique. Elle s'inscrit dans le cadre de la guerre froide et de la bipolarisation du monde qui voit Moscou récupérer les révoltes anticolonialistes afin de déstabiliser l'adversaire. La machine soviétique fournit armes et conseillers militaires, l'internationale communiste prenant en charge l'éducation des masses laborieuses par son encadrement politique : les fameux commissaires politiques de la Révolution qui sont également responsables de la rééducation des prisonniers.
Georges Boudarel est l'un d'entre eux.

Professeur de français dans un lycée de Hanoï lorsque la crise a éclaté : "Opposé à toutes formes d'impérialisme et de colonialisme, j'ai aussitôt rejoint grâce à mes contacts communistes, la résistance viteminh" confie-t-il à nos confrères de Minute-la-France. Insoumis, traître à la France, il prend les fonctions de commissaire politique adjoint itinérant. "Mon rôle, déclare-t-il à Minute, consistait chaque jour à enseigner les principes de la révolution culturelle aux prisonniers. À leur inculquer les bases d'une éducation politique afin qu'une fois rentrés en France, ils interpellent l'opinion pour que cesse cette guerre injuste."
Boudarel n'a peut-être jamais assassiné de soldats français de ses mains. Il n'en est pas moins responsable de la mort de bon nombre d'entre eux - tous ceux qu'il a privés de libération pour inaptitude politique, pour un vers de l'Internationale oublié, une maxime d'Ho Chi Minh bafouillée...

L'oeuvre la plus lâche, la plus infâme de Boudarel et des siens, c'est sans doute d'avoir profité de la débilité physique des prisonniers pour les contraindre à se réduire en chiens. Les témoignages des rescapés des camps de la mort viets, du camp 113 - celui de Boudarel - surnommé le "Dachau vietminh", relatent le degré de bestialité dans lequel ils étaient poussés pour survivre : se dénoncer les uns les autres, renier camarades et Patrie, écrire à leur femme combien était agréable le séjour dans ce petit village de bambou au milieu d'un peuple si courageux !

Quand un bourreau se prend pour un GO

Boudarel s'est efforcé d'étouffer ce qu'il y avait d'humain chez ses prisonniers : leur dignité, leur esprit critique, leur sensibilité. Une telle abjection ne peut avoir d'excuses, quelle que soit l'idéologie politique qui la motive.

Condamné à mort par un tribunal militaire, en 1964, Boudarel quitte le Vietnam pour Prague : la rééducation des soldats yankees semblant moins l'intéresser que celle de ses compatriotes. Puis, en 1966, se produit l'impensable. Par un amendement alambiqué voté à l'Assemblée nationale, à l'initiative de deux députés communistes, Boudarel est amnistié. Il revient alors en France dans la plus grande discrétion, profitant des services de l'appareil du PC : un logement de fonction en banlieue rouge et surtout un poste de maître-assistant en Histoire du Vietnam à la faculté de Paris VII-Jussieu.
Pendant 25 ans, la France semblait avoir oublié. Jusqu'à ce 13 février 1991, lorsqu'au cours d'un colloque au Sénat sur l'actualité vietnamienne, un homme se tourne vers l'un des conférenciers. Cet homme c'est Jean-Jacques Beucler, ancien secrétaire d'État aux Anciens combattants, prisonnier quatre ans dans les camps viets ; ce conférencier c'est Georges Boudarel, tortionnaire de ses compagnons d'armes.
La France n'avait pas oublié.
L'Action française soutient la démarche des associations d'anciens combattants à l'encontre de Boudarel, mais il ne lui appartient pas de rendre la justice. Il est en revanche du devoir de la jeunesse nationaliste d'interdire à Boudarel-le-traître d'enseigner.


- Guillaume Luyt, in Aspects de la France

12.5.06

Le Mans 89


Le Mans 89
Vidéo envoyée par
Namgorf
Meeting royaliste attaqué par l'extreme-gauche au Mans (1989?)

7.3.06

La rue appartient...


Jeanne 1992
Vidéo envoyée par Namgorf

1.2.06


Jeanne d'Arc 1989 à Paris,
Première ligne du Service d'Ordre de l'Action française.