13.6.06

Boudarel: Les étudiants d'AF en première ligne

Mercredi 13 mars, midi

Le calme règne à l'université de Jussieu (Paris VII) qui a le triste privilège d'abriter sous son toit l'ignoble professeur Boudarel. Certes, la dénonciation de ce garde-chiourme du camp 113 en Indochine suscite une mobilisation intellectuelle et physique de quelques staliniens autour de cet "universitaire". Mais rien ne laisse alors supposer l'accélération des événements qui vont se dérouler.
Soudain, en effet, surgissent du métro une quinzaine d'étudiants d'Action française, munis de tracts appelant à la démission de Boudarel par la signature d'une pétition. Tracter à Jussieu n'a jamais été une partie de plaisir. L'extrême gauche y est en effet très bien implantée. De fait, l'instant de surprise passé, quelques militants du SCALP et des JCR tentent de s'organiser et de chasser les perturbateurs. Peine perdue : le service d'ordre veille. En quelques secondes le vide se fait sur l'esplanade de la faculté. Autour, plusieurs centaines d'étudiants intrigués et curieux. Au milieu, les combattants. D'un côté, les militants d'Action française, de l'autre, les gauches, armés de nunchakus et d'armes diverses. L'affrontement commence. Une bombonne de gaz lacrymogène explose après qu'un membre de notre service d'ordre a tenté de la récupérer des mains d'un gauche. Nuage de gaz. Nos adversaires reculent. L'un d'entre eux jette alors une table. En retour, il reçoit deux chaises en pleine figure. L'un de nos militants est attaqué par derrière. Il se défend, repousse les assaillants, grâce à l'intervention efficace de l'un de ses camarades. Les gauches battent en retraite dans la fac. Les étudiants d'Action française peuvent alors traverser la foule de curieux en lançant des slogans pour la démission du boucher du camp 113. Première victoire.

Quelques heures plus tard, les militants d'Action française reviennent, deux fois plus nombreux. Sur la place, des affiches ont été placardées, dénonçant notre incursion musclée de la matinée. Pourtant, l'extrême gauche s'attend à tout, sauf à nous voir revenir le même jour. Mais cette fois-ci, des lycéens se sont joints aux étudiants et un nouveau tractage commence. Immédiatement, un adversaire tente de s'interposer. Il est rapidement mis hors de combat. Le président de l'université arrive alors sur les lieux flanqué de deux professeurs, amis de Boudarel. Les insultes fusent. "Vous faites de la diffamation, vous n'avez pas de preuves" crachent les deux staliniens de service. "Collabos !" rétorquent nos militants. Mais deux lignes se forment bientôt. D'un côté, les défenseurs de Boudarel. De l'autre, les militants d'Action française qui ont terminé de distribuer tous leurs tracts. Au milieu, la police, toujours prompte à défendre les plus faibles. Quelques projectiles volent au-dessus des têtes des policiers. Des gauches s'effondrent. Puis, la dispersion s'organise dans le calme. Nouvelle victoire ! L'Action française a frappé très fort, mais ce n'est qu'un début. Boudarel dispose désormais d'une protection rapprochée lors de ses cours. Il n'empêche. Jussieu sera le Dien Bien Phu de Boudarel.


Lundi 18 mars

Suite aux événements, la direction de l'université de Jussieu, solidaire du tortionnaire Boudarel, décide de modifier l'horaire et la salle de cours du sinistre bourreau. Nos informateurs en prennent note et une opération est prévue pour le lundi 18 mars, au moment ou Boudarel commence ses éructations staliniennes.
Près d'une centaine de militants investissent le parvis de Jussieu à 19 heures. Un bûcher est mis en place en son centre, un mannequin de Boudarel tenant un drapeau vietminh. Le feu prend rapidement, alimenté par quelques tables et bouteilles d'essence.
Autour du bûcher les panneaux des associations soutenant Boudarel sont recouverts d'affiches appelant à une mobilisation générale contre le stalino-assassin. Sur les murs de la fac fleurissent les graffitis : BOUDAREL DEMISSION, JUSSIEU SERA LE DIEN BIEN PHU DE BOUDAREL, etc.
Quelques gauchistes tentent de s'interposer. Le service d'ordre de l'Action française les charge. Ils se réfugient dans leur local puis en ressortent armés de frondes. Nos militants forment alors une barricade et ripostent à distance avec des lance-pierres. Une cabine téléphonique vole en éclats. Du dixième étage d'une tour, plusieurs chaises volent en direction de nos militants qui les esquivent habilement.
Maintenus à distance, nos adversaires assistent alors impuissants à la correction d'un des leurs qui s'était trop approché du groupe d'Action française. Un autre gauchiste, membre du SCALP, est poursuivi jusqu'à un café où il se réfugie pour appeler la police.
La retraite s'exécute alors dans le calme et la discipline. Nos informateurs infiltrés dans le cours de Boudarel nous font savoir que le boucher du camp 113 a été évacué de l'université en catimini, par une issue de secours, encadré d'une trentaine de révisionnistes staliniens, trop heureux d'échapper à la bagarre.
Trois descentes de l'Action française en cinq jours à Jussieu. 3 000 tracts distribués. Déjà plus de 800 signatures d'étudiants sur la pétition exigeant la démission de Boudarel. Les jalons sont posés pour faire de la manifestation du 27 mars un grand succès et une tape décisive dans ce qu'il faut bien appeler l'affaire Boudarel.


Nous devons de plus en plus, sans relâche, accentuer la pression et ne pas nous en tenir aux protestations ou dépôts de gerbes symboliques. Boudarel incarne tout un système, toute une imposture, toute une mainmise de la gauche la plus dure et la plus stalinienne sur l'université française. Nous allons, montrer qu'il n'y a pas que Vidal-Naquet et sa bande pour faire expulser des enseignants de l'université.

in Aspects de la France, Mars 1991

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